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dimanche 17 décembre 2017

Attentat déjoué à Saint-Pétersbourg grâce à la CIA : Poutine remercie Trump


Le 17 décembre, le chef de l'Etat russe Vladimir Poutine a remercié son homologue américain Donald Trump par téléphone, pour des informations communiquées par la CIA ayant permis de déjouer une attaque terroriste en Russie.

Le président russe, cité par l'agence de presse Interfax, a précisé qu'une cellule terroriste préparant une attaque contre la cathédrale Notre-Dame-de-Kazan de Saint-Pétersbourg, avait été déjouée et ce grâce aux informations des services de renseignement américains transmises à la Russie.

Vladimir Poutine a assuré à son homologue que la Russie partagerait avec Washington toute information faisant état de projets d'attaques terroristes contre les Etats-Unis.

Un peu plus tôt, le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB) avait annoncé avoir arrêté plusieurs individus liés au groupe terroriste Daesh dans la seconde ville de Russie. Les extrémistes projetaient une série d'attaques dans des lieux publics, dont un attentat suicide dans la cathédrale.

L'opération, qui a eu lieu dans la nuit du 13 au 14 décembre, a permis de saisir une importante quantité d'explosifs, d'armes et de munitions. Un atelier de confection d'engins explosifs a également été démantelé. Les membres de la cellule étaient en contact avec des djihadistes résidant à l'étranger.

Plus tôt dans la semaine, le FSB avait déjà démantelé une autre cellule, elle aussi liée à Daesh, qui projetait des attentats pour la période du Nouvel An.

Des œuvres d’art géométriques avec de simples objets du quotidien



Blâmer les victimes ou ceux qui font marcher la pompe à fric ?


L’un des mécanismes les plus efficaces et les plus pernicieux du système capitaliste, c’est avec quelles facilités et décontraction, il nous amène tou⋅te⋅s à blâmer ses victimes.

Et tombent les anges en feu…

Donc, l’autre jour, je tombe sur cette petite nouvelle insignifiante au détour d’un célèbre réseau social que l’on aime détester et je décerne avec désinvolture une nomination aux Darwin awards pour le malheureux héros du jour.



En gros, ce qu’annonce l’article dont j’ai choisi de ne pas donner le lien, c’est qu’un jeune Chinois qui a l’habitude de grimper au sommet (tout petit et étroit) des gratte-ciels pour se prendre en selfie est mort en tombant d’un immeuble. Il n’est pas le premier. Il ne sera surement pas le dernier. À travers le monde, la mode des likes de photos de mise en danger a déjà fait pas mal de ravages, au point qu’en Russie, par exemple, il y avait eu une campagne gouvernementale pour mettre en garde contre les risques bien réels que prennent moult jeunes gens pour se construire une renommée tout à fait virtuelle.

Campagne gouvernementale russe contre les dangers du selfie : « un selfie cool pourrait vous couter votre vie »


On peut toujours se moquer des inconséquents qui mettent leur vie en danger pour quelques likes de plus, mais quand le phénomène est suffisamment massif pour qu’un gouvernement prenne l’affaire en main, c’est que l’on dépasse très largement de la connerie individuelle pour entrer dans la dimension du fait social ; on sort du psychologisant pour la sociologie et on en profite pour trinquer au centième anniversaire de la mort d’Émile Durkheim.

Le choix des gueux

Si l’on prend un peu le temps de lire l’article sur la mort du jeune Chinois, on se souvient que nulle information n’a vraiment de valeur dès lors qu’elle est sortie de son contexte. En l’occurrence, le contexte de cette sordide histoire, c’est que le jeune homme en question ne prenait pas ces risques de manière inconsidérée ou par vacuité, mais parce qu’il tentait de sortir sa famille de la pauvreté.

Cette simple petite phrase nous change brutalement de perspective : risquer sa vie pour tenter de l’améliorer.

Et dans un second temps, l’article nous apprend que cette cascade fatale avait été sponsorisée par une marque pour 100 000 ¥, soit à peine plus de 15 000 €. Il y a une vidéo de la mort inutile d’un jeune homme parce qu’une entreprise voulait faire sa pub avec notre tendance à la fascination morbide. Et cette vidéo qui doit bien buzzer à l’heure qu’il est, s’il faut, c’est le commanditaire qui en récolte les recettes publicitaires.

Parce qu’il est facile de se gausser de ceux qui font n’importe quoi pour une poignée de fric quand on est soi-même né du bon côté de l’argent, c’est à dire que le cul bien vissé dans notre fauteuil, nous pouvons nous distraire à regarder d’autres personnes risquer leur peau à notre place.

Parce que, finalement, il n’y a pas de grande différence entre le jeune Chinois qui grimpe sur des immeubles sans système de sécurité (vous perdriez une minute de votre temps bankable pour le regarder faire l’acrobate s’il avait un bon vieux baudrier des familles pour le récupérer en cas de faux pas  ?) et le mineur de fond à la Zola qui va risquer sa vie pour ramener de quoi bouffer à sa famille. D’ailleurs, aujourd’hui, ils habitent souvent le même pays immense et impitoyable. Et d’aller trimer chez Foxconn pour des clous et des coups de lattes à se tuer la santé pour monter à toute berzingue nos précieux iPhone n’est pas forcément un choix de vie beaucoup plus rationnel. Même les études mènent aux mêmes impasses.

Toujours envie de se moquer du jeune con  ?

Agnès Maillard

Le fabuleux destin d' hatchepsout, l'une des seules femmes devenues Pharaon


La Reine qui devint Roi


Fille de Thoutmôsis Ier et de la grande épouse royale Ahmès, son nom résonne depuis la plus haute antiquité : Hatchepsout qui, par sa ténacité et son sens de la politique, est parvenue à transcender sa condition de femme pour devenir pharaon, incarnation divine terrestre et détenteur du pouvoir suprême en Égypte.

Arbre généalogique d’Hatchepsout


Hatchepsout est la première fille du couple royal, née entre 1508 et 1495 av. J.-C. À Thèbes, avant l’accession au pouvoir de son père. Son grand frère, Amenmès, est nommé généralissime de l’armée de Thoutmôsis Ier à l’âge d’environ 15 ans, vers la quatrième année du règne du Pharaon. Il meurt jeune et Hatchepsout, devenue l’aînée des descendants de Thoutmosis Ier et dotée d’une vive intelligence, est destinée à devenir reine d’Égypte et à régner sur le royaume, aux côtés son époux.

Préparée très jeune à tenir ce rôle en étant présentée aux grands prêtres et aux hauts fonctionnaires du royaume, elle accompagne son père en pèlerinage pour visiter les plus grands temples du pays.

Toutmôsis Ier, la reine Ahmès et leur seconde fille Néféroubity


Plusieurs des enfants de Thoutmôsis Ier meurent en bas âge, si bien que celui-ci décide, afin de maintenir la dynastie, d’unir sa fille à son demi-frère, futur Thoutmosis II, fils de sa seconde épouse Moutnofret Ire. Quelques années plus tard, Thoutmosis II et Hatchepsout ont une fille, Néférourê.

Après douze ans de règne, Thoutmôsis Ier s’éteint. Ses deux enfants survivants assistent aux funérailles de leur père. Hatchepsout assume alors son rôle de grande épouse royale et reçoit plusieurs titres « la princesse héréditaire, grande de faveurs, la favorite, souveraine du Double Pays » en plus de ses titres personnels : « Fille royale, sœur du roi, Épouse divine, souveraine de tous les pays » que l’on retrouve gravés sur le sarcophage découvert vide par Howard Carter en 1916.

Sarcophage de la reine Hatchepsout, Musée des Beaux-Art de Boston


Quelques années plus tard, le pharaon Thoutmôsis II décède à son tour, avant ses trente ans. Hatchepsout devient alors régente du très jeune Thoutmôsis III, fils de la seconde épouse Iset et du pharaon disparu. C’est le début de son ascension politique.

Pendant les premières années du règne du tout jeune enfant, tout se déroule suivant une régence classique. Hatchepsout conserve son titre de grande épouse royale ainsi que ses attributs de représentation : la longue robe fourreau, la couronne de reine et les deux hautes plumes.

Mais, sans raison connue actuellement, peu à peu, son association au pouvoir du jeune roi se fait de plus en plus présente. Elle l’accompagne en toutes occasions officielles, se représente à ses côtés sur les stèles et dans les textes officiels. Son crédit auprès des prêtres et des scribes ainsi que la légende de son ascendance divine persuadent la population qu’elle occupe la même fonction royale que pharaon. Ainsi, sans jamais remettre en cause les droits du jeune roi, règne-t-elle de manière effective. Sa mère, la reine douairière Ahmès décède au cours de cette période.

Au bout de quelques années, les spécialistes s’accordent le plus souvent sur 7 ans, elle se fait couronner roi. Dans ses représentations officielles, elle délaisse de plus en plus sa tenue de reine et aborde le pagne court, la coiffe et la barbe postiche de pharaon. Dans les textes, les deux co-souverains sont désignés comme pharaon, même si ils réservent au jeune souverain le titre de fils du soleil Sa-Rê . Elle se fait alors appeler Maâtkarê, roi de Haute et Basse Égypte. Elle conserve la numérotation du règne du jeune roi. Sur les temples, les deux souverains sont représentés côte à côte, en hommes adultes, mais Hatchepsout-Maâtkarê est toujours placée en avant et porte la couronne de haute Égypte alors que son neveu porte celle de basse Égypte.

Tête d’une statue se trouvant au Temple d’Hatchepsout (Deir el-Bahari, Egypte)


Sous son règne, la production d’effigies royales atteint des sommets. Temples, chapelles, tombeaux, palais reçoivent statues et décors à l’image de la reine-pharaon. Elle n’hésite pas à mettre en avant sa fille, la princesse royale Néférourê. Cependant, la princesse décède avant sa mère.

Il faut noter qu’Hatchepsout ne rejette en rien sa nature féminine puisque les textes la désignent toujours comme femme. Ce point souligné par Champollion a beaucoup perturbé les commentateurs et égyptologues de la fin du XIXe siècle et participé à l’intérêt pour la reine-pharaon. La représentation de ses effigies royales en homme est, selon toutes vraisemblances, un stéréotype de l’art égyptien qui veut que Pharaon soit un homme, c’est une convention de représentation.

Afin de légitimer son pouvoir, elle fait graver sur les parois des temples le récit de sa naissance divine, notamment dans son temple funéraire à Deir el-Bahari : elle aurait été engendrée par le dieu Amon qui avait pris les traits de son père, Thoutmôsis Ier. Après ce « mariage sacré » ou théogamie, Khnoum la façonna sur son tour de potier et elle fut présentée à Amon qui lui promit « cette bienfaisante fonction royale dans ce pays tout entier ».

Temple de Deir el-Bahari à Louxor


Du vivant déjà de Thoutmôsis Ier, elle aurait été installée sur le « trône d’Horus des vivants », c’est-à-dire couronnée, en présence de la Cour, après que l’oracle d’Amon à Karnak l’eut désignée comme roi, voir Pouvoir, prédestination et divination dans l’Égypte pharaonique par Marie-Ange Bonhême, PUFC, Collection « ISTA »  Année 1999 page 148-149. Sur le cas de ce premier couronnement du vivant de son père, il est difficile de départager la vérité du mythe.

Sous son règne, Hatchepsout fait restaurer les temples mis à mal par l’invasion et l’occupation Hyksôs, s’assure du soutien du clergé par des largesses, étouffe une rébellion en Nubie et organise le fameux voyage au pays de Pount d’où les navires égyptiens reviennent chargés de trésors et de matières premières d’exception : ivoire, ébène, myrrhe, encens, arbres.

Elle est le roi bâtisseur le plus prolixe de l’Égypte antique, elle a certes arrêté la politique expansionniste de ses prédécesseurs, mais a développé le commerce et favorisé la paix. Après 22 ans de règne, elle s’éteint, âgée d’une cinquantaine d’année. Thoutmôsis III récupère alors toutes ses prérogatives royales.

Damnatio memoriae d’Hatshepsout censored au Temple de Deir el-Bahari.


Durant le règne de son successeur Thoutmôsis III, une partie des cartouches d’Hatchepsout reine-pharaon sont martelées et remplacées par celui du roi actuel ou de son successeur Thoutmosis IV. Ses statues en pharaon sont également mutilées et son nom effacé du registre des rois. Cependant, cette damnatio memoriae est loin d’effacer toutes les traces d’Hatchepsout et se limite souvent aux décors les plus visibles et symboliques.

Ses représentations en tant que reine ou régente sont laissées en place. Mais son omission dans les listes de rois est plus révélatrice, car elle n’y apparaît pas non plus comme reine ou grande épouse royale. Il semble pourtant que les scribes ne l’aient pas oubliée puisqu’elle réapparait sous un nom modifié dans des listes royales datant de l’époque ptolémaïque aujourd’hui disparues mais connues d’auteurs grecs et romains.

Il faut attendre le XIXe siècle pour que la mémoire de cette mystérieuse reine-pharaon sorte de l’ombre à la faveur des traductions par Champollion et autres savants, des inscriptions sur les murs de son temple. En pleine égyptomanie, elle devient alors le sujet de toutes les interprétations. Histoire très lacunaire et fragments légendaires se mêlent, ouvrant la porte à tous les fantasmes. Certains la traitent d’usurpatrice, d’autres sont curieux, d’autres encore sont attirés par le côté romanesque de sa vie à l’image d’Akhenaton ou de Cléopâtre VII.

Statue d’Hatchepsout, temple d’Hatchepsout, Deir el-Bahari, nécropole thébaine, Égypte


En outre, nombre d’auteurs affirment qu’elle avait pris pour amant Sénènmout à qui elle avait confié les plus hautes charges du royaume. Cette affirmation sans fondement perdure aujourd’hui malgré les doutes de nombreux chercheurs. Cette relation intime entre les deux personnages historiques venait appuyer les thèses paternalistes de la fin du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle voyant dans la reine-pharaon la marionnette du haut clergé et du conseiller arriviste. Certains affirment même que la prise de pouvoir de la reine est le résultat d’un comportement névrotique typiquement féminin.

Tout au long du XXe siècle, les fouilles entreprises aux quatre coins de l’Égypte révèlent nombres d’inscriptions et de sculpture d’Hatchepsout qui attestent non seulement de son existence mais qui prouvent également son rôle prépondérant dans la politique égyptienne pendant de nombreuses années. L’étude des bâtiments construits ou restaurés sous son règne ont fait l’objet de nombreuses études et documentaires et sont considérés comme le sommet de l’architecture du Nouvel Empire.



Son tombeau de grande épouse royale a été découvert lors de la campagne napoléonienne en Égypte mais sans momie ni mobilier funéraire, à l’exception de vases canopes dont certains à son nom. La momie d’Hatchepsout a été découverte en 1903 par l’égyptologue Howard Carter à qui l’on doit la découverte de la tombe de Toutânkhamon en 1922. Il avait mis au jour les momies de deux femmes dans la tombe KV60 de la vallée des rois à Louxor. L’une des momies se tenait dans un sarcophage tandis qu’une autre était posée simplement sur le sol de la tombe.

La première momie fut identifiée comme celle de Satrê, la nourrice de Hatchepsout. L’identité de la seconde femme demeurait inconnue. Alors que la momie de la nourrice a été transférée au musée égyptien du Caire, l’autre a été laissée sur le sol, à l’intérieur de la tombe. Il faut attendre 2007 pour que sa momie soit identifiée grâce à une dent retrouvée dans un vase canope au nom de la reine-pharaon. Elle est alors transférée au musée du Caire en grande pompe.

Panorama de l’ Hatchepsut room au Metropolitan Museum of Art, New York City


De nombreux mystères persistent autour de la vie de la reine-pharaon d’autant que les textes retrouvés, relèvent souvent de la propagande royale et il est difficile de faire la part du vrai et du mythe. De plus, ces textes sont particulièrement avares en informations personnelles, ce qui rend difficile toute certitude historique. Aussi, Hatchepsout conserve-t-elle tout son mystère et son pouvoir de fascination. Une pièce du Metropolitan Museum of Art de New York lui est consacrée.

Elle est l’objet de nombreux livres scientifiques dont 12 reines d’Égypte qui ont changé l’histoire de Pierre Tallet publié chez PYGMALION-GÉRARD WATELET en 2013 ou encore La Reine Hatchepsout – Sources et Problèmes de Suzanne Ratié, publié en 1979 aux éditions Edition E. J. Brill  voire même de romans comme Child of the Morning de Pauline Gedge (prix Alberta Search-for-a-New Novelist en 1977) ; roman traduit en français par Catherine Méliande sous le nom de La Dame du Nil, paru en 1981 aux éditions J’ai Lu ; ou de manga tel Reine d’Égypte de Chie Inudo aux éditions Ki-oon depuis mars 2017. Elle a également donné son nom à un astéroïde découvert en 1960 et l’on ne compte plus les documentaires à son sujet.

L’histoire de la reine-pharaon Hatchepsout recèle encore beaucoup de mystères, tout comme le pays qui l’a vu naître. Mais, régulièrement, de nouveaux vestiges sont mis au jour, offrant de nouvelles sources et témoignages. Ainsi, dernièrement, une pyramide et une ville ont été sorties des sables égyptiens.

Rotten Apples; le site redoutable contre toutes les productions cinématographiques abritant de potentiels agresseurs sexuels


Cliquez sur l'image pour accéder au site


Après l'affaire Weinstein et les différentes accusations de harcèlement dans le milieu du cinéma, une plateforme a été créée pour recenser tous les producteurs, réalisateurs et acteurs mis en cause dans des histoires d'agression sexuelle présumée.

Si aucun procès n'a encore eu lieu, une forme de condamnation est déjà bel et bien à l'œuvre. L'affaire Weinstein et la vague de plaintes, ainsi que de témoignages parfois seulement médiatiques, contre tous les producteurs, réalisateurs, scénaristes et acteurs accusés de harcèlement sexuel ont suscité une indignation mondiale.

Si bien qu'un site internet intitulé Rotten Apples (Pommes pourries, en français), en référence au célèbre site de critique cinématographique Rotten Tomatoes, a vu le jour le 12 décembre. L'esthétique est sommaire et l'outil très simple ; il s'agit d'un moteur de recherche qui répertorie les prédateurs sexuels présumés. Il suffit de taper le nom d'un film et la plateforme informe si le long-métrage contient une ou plusieurs personnes accusées.

Ainsi, si l'on inscrit par exemple Teenage Mutant Hero Turtles (Les tortues ninja) dans la case de recherche, Rotten Apples vous rassure : aucun membre du casting ou de la production n'est touché par une plainte d'agression sexuelle. En revanche, si l'on écrit Scream, les noms de Harvey et Bob Weinstein s'affichent.

Depuis octobre, le puissant producteur américain Harvey Weinstein est accusé par plus de 70 femmes (actrices, journalistes, mannequins, etc.) de harcèlement sexuel ou, parfois, de viol. Parmi les plaignantes, certaines sont françaises comme Judith Godrèche ou Emma de Caunes. Depuis, les accusations s'enchaînent contre des personnalités du cinéma, politiques ou médiatiques.

Réfection du pont du Gros Messiau à l’enquête


Pont du Gros Messiau entre Avry et Noréaz
(Google Maps)


Un pont situé sur la Sonna (Au Gros Messiau) devrait être prochainement reconstruit, durant les vacances de Pâques. Le coût des travaux prévus s'élève à 300 000 francs.

Le pont situé sur la Sonna entre Avry et Noréaz devrait être bientôt remis à neuf. Le projet vient d’être mis à l’enquête, paru dans la Feuille officielle vendredi 15 décembre. Si tout se déroule comme prévu, le début des travaux est agendé aux vacances de Pâques, précise Sébastien Chenaux, syndic de Noréaz. Les travaux devraient durer entre 10 et 15 jours, une déviation sera mise en place. Le coût de la reconstruction s’élève à environ 300 000 francs, répartis pour moitié entre la commune d’Avry et celle de Noréaz.

Egger Ph.

Le pouvoir du petit nombre


Pourquoi les Suisses sont-ils si peu nombreux à voter et à élire?


Au plan international, la Suisse passe pour l’exemple même d’une démocratie qui fonctionne. Mais si l’on y regarde de plus près, on voit que le système est loin d’être parfait. Le «pouvoir de tous» s’y révèle être le «pouvoir de quelques-uns».

C’est un dimanche pas comme les autres. Ce 24 septembre 2017 est étiqueté «dimanche de votation», comme on dit en Suisse. Ce n’est pas tant ça qui est spécial (il y en a quatre par année), mais plutôt les sujets sur lesquels on vote. Il y a notamment une réforme du système des retraites, aussi importante qu’urgente. Un sujet qui tôt ou tard nous touchera tous directement.

Au fil de la journée, il apparaît que la réforme n’a pas trouvé de majorité populaire. Elle est refusée. Mais la vraie désillusion ne vient que plus tard dans la soirée, alors que les dernières communes ont livré leurs résultats aux autorités compétentes.


On ose à peine le dire: 47,2% des citoyens habilités à voter se sont rendus aux urnes. Plus de la moitié des gens qui avaient leur mot à dire soit n’avaient pas d’avis sur ce sujet important soit ont renoncé à voter pour d’autres raisons.

Cela soulève des questions: comment est-il possible que sur un thème aussi important, autant d’électeurs s’abstiennent? Pourquoi renonce-t-on à ce droit unique que l’on a de se prononcer sur ce type de questions de fond? Que signifie pour la démocratie un taux de participation aussi bas?

Un dimanche tout à fait normal

Un taux de participation qui n’a à vrai dire rien d’exceptionnel. En Suisse, c’est la règle. Qu’il s’agisse de votations ou d’élections, il est rare de voir la participation grimper au-dessus de 50%.


Le graphique ci-dessous montre comment la participation a évolué en Suisse entre 1919 et 2015.




Les courbes montrent tout d’abord que le taux de participation aux votations fluctue davantage que celui aux élections. Ceci vient du fait que certaines législatures par le passé n’ont vu que peu de votations, mais des votations très disputées, donc plus mobilisatrices.

L’effet du vote des femmes

On découvre en outre un recul général de la participation qui depuis la fin des années 70 oscille entre 40 et 50%. La raison du recul abrupt enregistré dès 1971 n’est autre que… l’introduction du droit de vote des femmes. Certes, en chiffres absolus, le nombre des votants augmente, mais comme les femmes au début sont rares à faire usage de ce nouveau droit, la participation baisse en pourcentage.

Alors pourquoi si peu de participation, aux élections également? Les politologues avancent deux explications. Premièrement, la Suisse ne connaît pas un pur système parlementaire, mais un système de démocratie semi-directe. Donc, pas d’alternance entre majorité et opposition. Et avec la possibilité offerte de se prononcer soi-même sur les objets importants, les élections perdent en signification. Et deuxièmement, les changements de société intervenus depuis la Deuxième Guerre mondiale se traduisent par un recul général de la participation politique dans les pays industrialisés.   

La démocratie, «tyrannie» d’une minorité?

La situation est encore plus dramatique si l’on considère que les résultats d’une élection ou d’une votation sont valables pour l’ensemble de la population. Ainsi, pour revenir à l’exemple de la réforme des retraites, 30,4% de la population a décidé pour tous. En d’autres termes, près de 70% des personnes vivant en Suisse ne sont pas représentées dans cette décision. Cela a-t-il encore quelque chose à voir avec la démocratie?

Le graphique ci-dessous montre ceux qui ont le droit de vote et ceux qui en font effectivement usage, en proportion de l’ensemble de la population.

Ceux qui ont le droit de vote et ceux qui votent vraiment

Droit de vote et participation, en % de l'ensemble de la population suisse



Les courbes montrent que jusqu’en 1971, moins d’un tiers des Suisses pouvaient élire et voter. En 1939, ce n’était même qu’un cinquième. Avec le droit de vote des femmes en 1971, l’électorat double d’un coup. Mais depuis 1919, on n’a jamais vu plus d’un tiers de la population totale participer effectivement aux élections.

Dans la zone au-dessus de la ligne bleue foncée se trouvent celles et ceux qui n’ont pas le droit de vote: les étrangers, les Suisses de moins de 18 ans, les gens privés de droits civiques pour une raison ou pour une autre et même, avant 1971, les femmes. La zone comprise entre les deux lignes bleues regroupe ceux qui ont le droit de voter, mais qui ne le font pas. Les abstentionnistes. Depuis 1971, ce groupe a plus que triplé!

Distorsion problématique

Ce que le graphique ne montre pas, c’est que ce sont toujours plus ou moins les mêmes groupes de personnes qui sont actifs politiquement. Si les groupes des actifs, des passifs et des personnes exclues du droit de vote avaient à chaque fois la même composition, cette participation basse ne serait pas vraiment un problème. Mais ce n’est pas le cas, et donc, les décisions politiques mènent à une distorsion, difficilement compatible avec les idéaux démocratiques.

Il y a toutefois aussi des études qui dessinent une autre image. Le politologue Clau Dermont, qui a passé à la loupe la participation en ville de St-Gall, a montré que près de 50% de citoyens prennent part sporadiquement, soit sélectivement, aux votations et élections. A côté de cela, presque un quart votent pratiquement toujours et un autre quart pratiquement jamais.

Ces résultats peuvent certes amener à relativiser un peu la problématique de la faible participation, mais il serait faux d’en prendre argument pour esquiver ce débat politiquement important.

La participation suisse en comparaison

Selon une étude de l’OCDE (2016), c’est la Suisse qui a connu la participation la plus faible de tous les pays membres lors des dernières élections. C’est aussi le seul pays où la participation électorale n’a plus atteint la barre de 50% depuis presque 40 ans.


Participation politique inégale

Dans son livre Schweizerische Demokratie (2012), le politologue Wolf Linder montre que les non votants et les votants se distinguent essentiellement par quatre traits: le sexe, l’âge, la formation et le revenu. Concrètement, ce sont les femmes, les jeunes et les gens ayant un bas niveau de formation et de revenu qui participent le moins.

«Le côté obscur de la démocratie»

S’agissant du nombre de fois où elle appelle ses citoyens à voter, la Suisse est une incontestable championne du monde. Mais malgré ce record de plus de 620 consultations populaires, la démocratie-modèle à l’helvétique n’en est pas parfaite pour autant.Dans cette série, Sandro Lüscher pose un regard critique sur ses zones d’ombre. L’auteur étudie les sciences politiques à l’Université de Zurich et tient un blog sur la politique suisse.

Sandro Lüscher